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LES AVANCÉES D'APRÈS-GUERRE : TOUT EST EN PLACE : (I945-1960)



Le temps de l'enregistrement magnétique


L'enregistrement magnétique a été expérimenté dès la fin du XIXe siècle par Valdemar Poulsen avec le Télégraphone (Danemark, 1898). Le procédé transforme les variations de pression des sons en variations électriques via le microphone, puis enregistre ces dernières sous forme de variations magnétiques sur un support au moyen d'un électro-aimant. Il va se perfectionner en Allemagne durant la seconde guerre mondiale jusqu'à pouvoir largement dépasser la qualité sonore du disque, tout en disposant d'atouts considérables. Le support S'est modifié: un fil d'acier à l'origine, puis un ruban d'acier, une bande de papier kraft couverte de fines particules métalliques, et enfin, depuis 1932, un support plastique. BASF et AEG, 'Telefunken commercialisent en 1935 ces bandes magnétiques et leur lecteur: le Magnetophon. Au service de la propagande nazie, ils sont largement améliorés. À partir de 1942, ils accomplissent bien leur tâche : les discours d'Adolf Hitler et des dirigeants du parti nazi sont immédiatement copiés et rediffusés massivement via la radio, aux quatre coins de l’Allemagne, à une rapidité déconcertante. Les services secrets alliés, à l'écoute, sont surpris par l'absence du bruit de la pointe du tourne-disque au début des rediffusions et de son crachotement habituel.


Jack Mullin, officier dans l'armée américaine chargé des transmissions, récupérera, lors de l'avancée des alliés, deux appareils Magnetophon dérobés à la radio de Francfort (achetés, dit l'histoire officielle) qu'il ramènera en Amérique. À son retour, le chanteur Bing Crosby sera séduit par le projet et financera son développement en versant 50 000 $ à la société Ampex. Dédaignant l'animation de shows radiophoniques en direct, ce dernier souhaite en effet les enregistrer à l'avance. Mais la mauvaise qualité de l'enregistrement sur disque le freinait jusque-là (et gênait sa maison de production). Le premier magnétophone américain (le nom allemand passe dans le langage courant), Ampex Model 200, sort en 1948. Les améliorations les plus importantes seront apportées dans les années cinquante grâce aux expérimentations musicales de Les Paul, un ami de Crosby.


Outre la qualité sonore, la bande magnétique permet une durée des prises largement supérieure à celle d'un disque (jusqu'à 30 minutes). La copie est un processus rapide et fiable, d'un magnétophone sur l'autre. Elle peut donner lieu à des transformations (ajouts d'effets, lecture à l'envers, filtrage). On peut mixer plus aisément les bandes entre elles (le système utilisé au départ à cette fin est simple avant que Les Paul ne l’améliore: deux magnétophones jouent simultanément puis sont repris par un troisième). `À l'aide d'une simple paire de ciseaux (démagnétisée) et de ruban adhésif, l'ère du montage sonore débute. Les magnétophones vont se développer sur l'ensemble de la planète. Après Ampex suivent les firmes Grundig (nouvellement créée au sortir de la guerre en Allemagne de l’Ouest), Telefunken, toujours présente, Revox et Nagra (en Suisse), Philips (en Hollande), puis arriveront les entreprises japonaises Sony et Akai. Le Nagra, magnétophone portable robuste, va avoir un rôle considérable pour les journalistes et pour les ethnomusicologues dans leur collecte de musiques des peuples du monde.


Microsillon, le Long Playing


C'est aussi au sortir de la guerre que le disque connaît ses améliorations définitives, avec l'invention du microsillon. Columbia lance en 1948 le 33-tours (Long Playing, ou LP), de 20 à 30 minutes par face. RCA Victor, en réaction, lance le 45-tours (5 minutes par face) une année plus tard. Le disque 78-tours est peu à peu abandonné. Il est important de préciser à quel point ces formats influencent la musique créée. Les chansons sont dès lors conçues pour s'insérer sur une face d'un 45-tours, et les albums complets ont précisément la durée nécessaire pour remplir un disque 33-tours (c'est le cas de toutes les productions de rock, un des genres musicaux majeurs apparus durant ces années).


Enfin, la stéréophonie est conquise en 1958 (Audio Fidelity aux États-Unis, Decca et Pye en Angleterre). Des essais remontent aux années trente, mais le format a mis du temps à être au point. Le film Fantasia de Walter Disney, diffusé en 1940, en était le premier soubresaut offert au public. Les bandes magnétiques bénéficieront elles aussi de cet apport, facilement réalisable sur ce support (on divise alors la bande en deux, et on l'enregistre et on la lit avec des têtes doubles). La stéréophonie ne va se généraliser qu'à partir des années soixante.


La suite tout bientôt

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