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La bande magnétique n'a pas fini de faire parler d'elle





L'invention par Philips, en 1961, de la mini-cassette, est une des étapes fondamentales de cette démocratisation progressive. De plus en plus, au fil des années, les outils d'enregistrement vont se répandre dans le grand public (car la cassette audio permet cela aussi en plus de lire de la musique), jusqu'à l'avènement du home studio. C'est là le premier pas. De la même manière, les instruments électroniques vont commencer à se diffuser au niveau du grand public, de plus en plus vite.


Utilisant la technologie de l'enregistrement sur bande magnétique, on assiste à l'apparition du Mellotron (nom tiré de < Melody Electronics >), commercialisé à partir de 1963 en Angleterre. Chaque touche du clavier de l'instrument actionne une bande magnétique avec un son pré-enregistré. Les sons, d'abord imposés par le constructeur, pourront avec l'évolution de l'instrument dans les années soixante-dix être enregistrés par les créateurs eux-mêmes. Voici un premier pas, encore analogique, vers ce que seront les samplers, numériques, à partir de la fin des années soixante-dix. Beaucoup de groupes vont utiliser cet instrument aux sonorités artificielles, quand bien même il cherche (encore ! ) à imiter des instruments déjà existants. L'exemple des flûtes aux attaques et aux chutes si caractéristiques que l'on trouve dans < Strawberry Fields Forever > des Beatles, single paru en 1967, est éloquent.



Années soixante: la décennie du synthétiseur


Aux côtés de l'orgue Hammond, dont il a déjà été question, plusieurs instruments polyphoniques à clavier vont largement séduire les musiciens de jazz et de rock : le Wurlitzer, le Pianet, le Clavinet et le Fender Rhodes (plus tard Rhodes). Ce dernier est amélioré tout au long des années soixante, et la première version qui connaîtra le succès est mise sur le marché en 1970. On l'entend notamment sur l'album Head Hunters (Herbie Hancock, 1973), un véritable hymne pour cet instrument.


Robert Moog (New York), Donald Buchla (San Francisco) et Paolo Ketoff (Rome) sont les trois grands noms de l'évolution de la lutherie électronique dans les années soixante. Indépendamment les uns des autres, ils initient le principe de la synthèse contrôlée par tension électrique. Leurs découvertes sont suscitées par des compositeurs : Herbert Deutsch pour Moog (Moog System 1, 1965); Morton Subotnick pour Buchla (Buchla Modular Electronic Music System Serie 100, 1965); Gino Marinuzzi (Fonosynth, 1962) et John Eaton (Synket: Sintetizzatore-Ketoff, 1965) pour Ketoff. Ce dernier n'a d'ailleurs produit ses instruments qu'en tout petit nombre destinés à des compositeurs de musique savante, dans des cercles restreints. C'est aussi le cas de Don Buchla, dont les inventions serviront le San Francisco Tape Music Center. Mais Buchla invente néanmoins un système permettant de relier entre eux et de faire se commander les instruments électroniques, ce qui donnera le principe du séquenceur, un principe amené à connaître de multiples évolutions et de nombreuses répercussions dans la conception future des synthétiseurs.


Switched on Moog

Robert Moog a une grande importance dans cette histoire car il va être le premier à industrialiser et à vendre ses synthétiseurs à grande échelle, entraînant ainsi l'apparition d'un nombre considérable de productions musicales électroniques à destination du grand public. C'est le premier pas vers la démocratisation des musiques électroniques. La conception de son Moog System 1 se réalise entre 1964 et 1965, mais dès 1967, il est fabriqué en série.

Son synthétiseur, comme celui de Buchla, est < modulaire > (le principe de l'association de modules spécialisés a été expérimenté dès 1961 par Mathews aux Laboratoires Bell avec le programme Music III). Chaque module, connecté librement à un autre selon la chaîne désirée, prend en charge une fonction spécifique de transformation sonore (générateur d'onde, filtrage etc.). C'est un grand succès populaire, et on l'entend alors, à partir de 1968, au sein de nombreux groupes de rock, mêlé à des guitares électriques, ou même dans des disques spécialement conçus autour de lui, dont l’exemple le plus caractéristique est le Switched On Bach de Wendy (Walter) Carlos (1968), amie de Moog, suivi du Well-Tempered Synthesizer (1969). Encore une fois, dans ce cas, on ne crée pas de nouvelle musique pour ces nouveaux instruments. Mais le chemin est ouvert à une multiplication des utilisations de la lutherie électronique accessible au plus grand nombre.



Le MiniMoog, commercialisé en 1970 (et jusqu'aux années quatre-vingt) à plus de,13 000 exemplaires, marque la consécration du succès de la firme Moog. Premier synthétiseur portatif, il montre aussi bien l’adaptation à la vente destinée au grand public que la réponse aux exigences contemporaines d'une pratique live des sonorités électroniques. Les possibilités gigantesques offertes par le premier modèle du Moog sont ici largement limitées à des sons que l'on obtient plus facilement (beaucoup de connexions ne procurent en effet pas toujours des résultats satisfaisants sur les Moog, et il faut une certaine maîtrise avant d’obtenir les sons)


La suite tout bientôt ;-)

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